jeudi, 03 juillet 2008
Le travail rend libre.
Titre original: "Temps de travail et Europe sociale: Nicolas Sarkozy aux abonnés absents"
Date: lundi 16 juin 2008
Le gouvernement de Nicolas Sarkozy vient de soutenir un compromis, au "Conseil affaires sociales", lundi 16 juin 2008, qui permet de passer d'une durée de temps de travail maximale en Europe de 48h à 65h avec accord collectif et jusqu' à 78h en dehors de toute négociation collective. Les Belges, les Chypriotes, les Hongrois et les Espagnols ont refusé de soutenir cet accord parce qu'ils estimaient qu'il allait dans le sens de la flexibilité mais pas dans celui de la sécurité des salariés européens.
Jean Claude Trichet, ces dernières semaines, à la tête de la BCE estimait, une fois de plus que les salaires ne devaient pas être augmentés dans la zone euro. Ceci, sans réaction du Président français si prompt d'ordinaire à critiquer la banque centrale européenne.
"Ainsi, l'Europe sociale de Nicolas Sarkozy se dessine clairement. C'est celle de la flexibilité, de la dérégulation et du mépris du pouvoir d'achat des salariés", déclare Yannick Vaugrenard, député socialiste européen.
A la veille de la Présidence française de l'Union, il s'indigne : "Nicolas Sarkozy promet aux Français qu'en travaillant plus, ils gagneront plus. Dans la réalité, à Bruxelles, il favorise le dumping social."
Harlem Désir, vice-président du PSE, au Parlement européen tire lui aussi la sonnette d'alarme : "C'est la première fois qu'une directive est révisée dans le sens d'une régression sociale marquée. Ce sera au Parlement européen de rejeter ce scandaleux compromis approuvé par le gouvernement français."
Harlem Désir et Yannick Vaugrenard concluent : "Tout ceci ne préjuge rien de bon à l'approche de la présidence française de l'Union le 1er juillet."
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03:38 Publié dans Politique & Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mensonge, sarkozy, dumping, régression, ue
lundi, 30 juin 2008
Non, Monsieur Sarkozy, c’est la sécurité des Palestiniens qui est menacée
| par Silvia Cattori | |
| Mondialisation.ca, Le 30 juin 2008 | |
![]() Source de la carte: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/Asie/palestine.htm « Israël a le droit de se défendre », voilà ce que l’on entend répéter, à la nausée, depuis des années, par à peu près tous les dirigeants de l’Europe et des Etats-Unis. Et maintenant, avec une insistance accrue par M. Sarkozy. Lors de son discours du 23 juin 2008 devant la Knesset, celui-ci a déclaré : « La France ne transigera jamais avec la sécurité d’Israël » (*). Gaza, 20 janvier 2008 : restes d’une voiture visée par des avions israéliens (rafahtoday.org)
Pourtant, ce sont bien les Palestiniens -sans armée, ni Etat- qui vivent dans l’insécurité permanente. ?! Donc, qui menace qui en vérité ? Les statistiques publiées par B’Tselem, le Centre israélien pour les droits de l’homme dans les territoires occupés [1], indiquent bien que, du 29 septembre 2000 (début de la deuxième Intifada) au 31 mai 2008, 4’830 Palestiniens (dont 947 enfants) ont été tués par les Israéliens, alors que 1’055 Israéliens (dont 123 enfants) ont été tués par les Palestiniens (en réponse aux attaques meurtrières israéliennes) durant la même période. Sur cette longue période, les Palestiniens représentent donc 82% des tués, soit 4.6 Palestiniens tués pour 1 Israélien. Le Département des relations nationales et internationales de l’Organisation de Libération de la Palestine a publié des chiffres très voisins sur les victimes palestiniennes depuis le déclenchement de la deuxième Intifada [2], en indiquant par ailleurs que : Mais, plus terrible encore que les chiffres calculés sur l’ensemble de cette période, est l’aggravation spectaculaire du caractère violent et meurtrier de la répression israélienne depuis la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas en mars 2006. Un article de Patrick O’Connor, du 4 novembre 2006, relevait que « les Palestiniens, déjà soumis à l’occupation militaire et à l’écrasante violence israélienne, ont été tués à un taux de 26 Palestiniens par Israélien tué, depuis que le Hamas a pris le pouvoir, le 29 mars 2006 [491 Palestiniens contre 19 Israéliens], et de 76 Palestiniens par Israélien depuis le 1er juillet [381 Palestiniens contre 5 Israéliens]. Bien que les médias de grande diffusion nous parlent encore d’un "conflit" entre "deux parties", au cours des sept derniers mois, cela a été tout simplement un massacre » [3]. A ne considérer que cette macabre arithmétique – qui ne prend pas en compte les milliers d’innocents massacrés par Israël lors de sa dernière guerre contre le Liban et ne montre pas toutes les souffrances humaines qu’il y a derrière chacun de ces chiffres - il est donc parfaitement immoral de nous parler constamment de la « sécurité d’Israël », sans jamais se préoccuper de la sécurité des Palestiniens. Et ce discours est d’autant plus immoral que les Palestiniens vivent sous occupation, et qu’on leur demande au surplus, à eux aussi, de garantir la sécurité d’Israël ! Depuis quand exige-t-on de l’occupé qu’il garantisse la sécurité de l’occupant ? Demandait-on aux résistants français – qualifiés de « terroristes » par les nazis - de garantir la sécurité de l’occupant allemand ? Or, en déclarant, lors de sa visite à Mahmoud Abbas à Bethléem, « qu’il pouvait comprendre l’état d’esprit des familles israéliennes qui vivent la peur au ventre », et que « la sécurité d’Israël sera d’autant mieux assurée que les Palestiniens auront un Etat » [4], M. Sarkozy a bien montré que c’est la seule sécurité de l’occupant qui le préoccupe : les Palestiniens n’ont droit à quelque considération que dans la mesure où ils y contribuent. M. Sarkozy est même allé beaucoup plus loin. Ses propos sonnent comme un déni du droit des Palestiniens à résister à l’occupation - pourtant reconnu par le droit international – et comme une apologie de la collaboration avec l’occupant : « Ce qui garantira la pérennité et la sécurité de l’Etat d’Israël sur laquelle je me suis engagé - c’est le combat politique de toute ma vie - c’est la création d’un Etat palestinien à ses frontières, démocratique, moderne où il y aura des hommes comme Mahmoud Abbas ou d’autres, mais des hommes comme lui qui sont portés par les urnes et non pas par les armes, où il n’y aura qu’une seule autorité pour faire régner l’autorité, l’armée palestinienne et pas les milices ou une bande de terroristes. » [5]. Alors que tout le monde sait que le Hamas a précisément été porté au pouvoir par un scrutin parfaitement démocratique dont les Etats-Unis et les pays de l’Union Européenne se sont ingéniés à torpiller le résultat qui leur déplaisait, ces propos sont une véritable insulte au peuple palestinien et à la simple vérité ! Ni l’occupation continue des territoires palestiniens, ni les massacres qu’Israël y a perpétrés, ni les lois racistes qui discriminent également les Arabes israéliens, ni la politique d’apartheid pratiquée par l’Etat d’Israël [6] n’ont empêché M. Sarkozy, devant la Knesset : Ces propos sont tous rigoureusement contraires à la vérité. Néanmoins, nos dirigeants continuent de se bousculer pour clamer à l’envi qu’il faut assurer la « sécurité d’Israël » ! Et les médias traditionnels continuent eux aussi à accréditer l’idée que ce sont les Israéliens qui sont menacés et qu’il s’agit de « protéger » ! La perversion du vocabulaire a toujours été une arme efficace de propagande et de lavage de cerveau. Ainsi, l’agression permanente devient « le droit de se défendre » ; les résistants qui défendent leur peuple contre les agresseurs israéliens deviennent des « terroristes », des « activistes » ou des « extrémistes », c’est-à-dire une catégorie déshumanisée sur laquelle on peut tirer à vue ; un Etat qui pratique ouvertement l’apartheid devient « une des plus authentique démocraties du monde ». Il ne reste plus, alors, qu’à marteler le message. Joseph Goebbels, le sinistre ordonnateur de la propagande du IIIème Reich l’avait déjà dit : il suffit de répéter constamment un mensonge pour en faire une vérité, et plus le mensonge est énorme, mieux cela fonctionne. (*). Voir : « Discours de M. le président de la République à la Knesset », Lundi 23 juin 2008, Site Internet de la Présidence de la République. [2] Voir : « The second Intifada : 4950 Palestinians killed including 945 children », by Ameen Abu Wardah - IMEMC News, 18 octobre 2007. [3] Voir : « Israel’s Large-Scale Killing of Palestinians Passes Unreported », by Patrick O’Connor, The Electronic Intifada, 4 novembre 2006. Voir aussi le commentaire de l’article susmentionné fait par Nidal, sous le titre « L’assassinat sous forme de tableau Excel », tokborni.blogspot, 5 novembre 2006. [4] Voir : « VISITE D’ETAT EN ISRAEL ET DANS LES TERRITOIRES PALESTINIENS, CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, M. NICOLAS SARKOZY, ET DU PRESIDENT DE L’AUTORITE PALESTINIENNE, M. MAHMOUD ABBAS - PROPOS DE M. SARKOZY – (Bethléem, 24 juin 2008) ». [5] Voir note 4. [6] Voir : [7] Voir note (*), dans l’encadré. | |
Silvia Cattori est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Silvia Cattori publiés par Mondialisation.ca | |
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13:05 Publié dans Politique & Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, mensonge, palestine, israël, extermination, terrorisme d'état, résistance


