lundi, 30 juin 2008

Non, Monsieur Sarkozy, c’est la sécurité des Palestiniens qui est menacée


Mondialisation.ca, Le 30 juin 2008
 



Source de la carte: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/Asie/palestine.htm


« Israël a le droit de se défendre », voilà ce que l’on entend répéter, à la nausée, depuis des années, par à peu près tous les dirigeants de l’Europe et des Etats-Unis. Et maintenant, avec une insistance accrue par M. Sarkozy. Lors de son discours du 23 juin 2008 devant la Knesset, celui-ci a déclaré : « La France ne transigera jamais avec la sécurité d’Israël » (*).

 

Gaza, 20 janvier 2008 : restes d’une voiture visée par des avions israéliens
(rafahtoday.org)


Et la sécurité des Palestiniens ? Lequel d’entre ces dirigeants nous parle-t-il jamais d’assurer la sécurité des Palestiniens ?

Pourtant, ce sont bien les Palestiniens -sans armée, ni Etat- qui vivent dans l’insécurité permanente. ?! Donc, qui menace qui en vérité ?

Les statistiques publiées par B’Tselem, le Centre israélien pour les droits de l’homme dans les territoires occupés [1], indiquent bien que, du 29 septembre 2000 (début de la deuxième Intifada) au 31 mai 2008, 4’830 Palestiniens (dont 947 enfants) ont été tués par les Israéliens, alors que 1’055 Israéliens (dont 123 enfants) ont été tués par les Palestiniens (en réponse aux attaques meurtrières israéliennes) durant la même période.

Sur cette longue période, les Palestiniens représentent donc 82% des tués, soit 4.6 Palestiniens tués pour 1 Israélien.

Le Département des relations nationales et internationales de l’Organisation de Libération de la Palestine a publié des chiffres très voisins sur les victimes palestiniennes depuis le déclenchement de la deuxième Intifada [2], en indiquant par ailleurs que :
- 674 Palestiniens dont 300 femmes avaient été tués dans des « assassinats ciblés », c’est-à-dire des exécutions extrajudiciaires ;
- à peu près 40’000 Palestiniens avaient été blessés ;
- 60’000 Palestiniens avaient été enlevés, dont 11’000 sont toujours détenus dans des conditions très dures ;
- 7’512 maisons avaient été complètement détruites, soit sous prétexte d’absence de permis de construire, soit pour la construction du mur dit « de séparation ».

Mais, plus terrible encore que les chiffres calculés sur l’ensemble de cette période, est l’aggravation spectaculaire du caractère violent et meurtrier de la répression israélienne depuis la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas en mars 2006.

Un article de Patrick O’Connor, du 4 novembre 2006, relevait que « les Palestiniens, déjà soumis à l’occupation militaire et à l’écrasante violence israélienne, ont été tués à un taux de 26 Palestiniens par Israélien tué, depuis que le Hamas a pris le pouvoir, le 29 mars 2006 [491 Palestiniens contre 19 Israéliens], et de 76 Palestiniens par Israélien depuis le 1er juillet [381 Palestiniens contre 5 Israéliens]. Bien que les médias de grande diffusion nous parlent encore d’un "conflit" entre "deux parties", au cours des sept derniers mois, cela a été tout simplement un massacre » [3].

A ne considérer que cette macabre arithmétique – qui ne prend pas en compte les milliers d’innocents massacrés par Israël lors de sa dernière guerre contre le Liban et ne montre pas toutes les souffrances humaines qu’il y a derrière chacun de ces chiffres - il est donc parfaitement immoral de nous parler constamment de la « sécurité d’Israël », sans jamais se préoccuper de la sécurité des Palestiniens.

Et ce discours est d’autant plus immoral que les Palestiniens vivent sous occupation, et qu’on leur demande au surplus, à eux aussi, de garantir la sécurité d’Israël !

Depuis quand exige-t-on de l’occupé qu’il garantisse la sécurité de l’occupant ?

Demandait-on aux résistants français – qualifiés de « terroristes » par les nazis - de garantir la sécurité de l’occupant allemand ?

Or, en déclarant, lors de sa visite à Mahmoud Abbas à Bethléem, « qu’il pouvait comprendre l’état d’esprit des familles israéliennes qui vivent la peur au ventre », et que « la sécurité d’Israël sera d’autant mieux assurée que les Palestiniens auront un Etat » [4], M. Sarkozy a bien montré que c’est la seule sécurité de l’occupant qui le préoccupe : les Palestiniens n’ont droit à quelque considération que dans la mesure où ils y contribuent.

M. Sarkozy est même allé beaucoup plus loin. Ses propos sonnent comme un déni du droit des Palestiniens à résister à l’occupation - pourtant reconnu par le droit international – et comme une apologie de la collaboration avec l’occupant : « Ce qui garantira la pérennité et la sécurité de l’Etat d’Israël sur laquelle je me suis engagé - c’est le combat politique de toute ma vie - c’est la création d’un Etat palestinien à ses frontières, démocratique, moderne où il y aura des hommes comme Mahmoud Abbas ou d’autres, mais des hommes comme lui qui sont portés par les urnes et non pas par les armes, où il n’y aura qu’une seule autorité pour faire régner l’autorité, l’armée palestinienne et pas les milices ou une bande de terroristes. » [5].

Alors que tout le monde sait que le Hamas a précisément été porté au pouvoir par un scrutin parfaitement démocratique dont les Etats-Unis et les pays de l’Union Européenne se sont ingéniés à torpiller le résultat qui leur déplaisait, ces propos sont une véritable insulte au peuple palestinien et à la simple vérité !

Ni l’occupation continue des territoires palestiniens, ni les massacres qu’Israël y a perpétrés, ni les lois racistes qui discriminent également les Arabes israéliens, ni la politique d’apartheid pratiquée par l’Etat d’Israël [6] n’ont empêché M. Sarkozy, devant la Knesset :
- de déclarer qu’il mesurait l’honneur de pouvoir s’adresser à cette « Assemblée qui est le symbole d’une des plus authentiques démocraties du monde » ;
- d’affirmer son « admiration pour ces femmes et pour ces hommes d’exception qui voulaient un Etat où seraient assurées "une complète égalité des droits sociaux et politiques pour tous les citoyens, sans distinction de croyance, de race, ou de sexe" » ;
- d’assurer qu’ « il n’y a aucun autre Etat dans le monde dont l’existence même fut dès le départ à ce point liée à l’affirmation d’un idéal de justice et d’une volonté de vivre en paix » [7].

Ces propos sont tous rigoureusement contraires à la vérité.

Néanmoins, nos dirigeants continuent de se bousculer pour clamer à l’envi qu’il faut assurer la « sécurité d’Israël » !

Et les médias traditionnels continuent eux aussi à accréditer l’idée que ce sont les Israéliens qui sont menacés et qu’il s’agit de « protéger » !

La perversion du vocabulaire a toujours été une arme efficace de propagande et de lavage de cerveau. Ainsi, l’agression permanente devient « le droit de se défendre » ; les résistants qui défendent leur peuple contre les agresseurs israéliens deviennent des « terroristes », des « activistes » ou des « extrémistes », c’est-à-dire une catégorie déshumanisée sur laquelle on peut tirer à vue ; un Etat qui pratique ouvertement l’apartheid devient « une des plus authentique démocraties du monde ».

Il ne reste plus, alors, qu’à marteler le message. Joseph Goebbels, le sinistre ordonnateur de la propagande du IIIème Reich l’avait déjà dit : il suffit de répéter constamment un mensonge pour en faire une vérité, et plus le mensonge est énorme, mieux cela fonctionne.



(*). Voir : « Discours de M. le président de la République à la Knesset », Lundi 23 juin 2008, Site Internet de la Présidence de la République.

[2] Voir : « The second Intifada : 4950 Palestinians killed including 945 children », by Ameen Abu Wardah - IMEMC News, 18 octobre 2007.

[3] Voir : « Israel’s Large-Scale Killing of Palestinians Passes Unreported », by Patrick O’Connor, The Electronic Intifada, 4 novembre 2006.

Voir aussi le commentaire de l’article susmentionné fait par Nidal, sous le titre « L’assassinat sous forme de tableau Excel », tokborni.blogspot, 5 novembre 2006.

[4] Voir : « VISITE D’ETAT EN ISRAEL ET DANS LES TERRITOIRES PALESTINIENS, CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, M. NICOLAS SARKOZY, ET DU PRESIDENT DE L’AUTORITE PALESTINIENNE, M. MAHMOUD ABBAS - PROPOS DE M. SARKOZY – (Bethléem, 24 juin 2008) ».

[5] Voir note 4.

[6] Voir :
- « Omar Barghouti : Aucun État n’a le droit d’exister comme État raciste », par Silvia Cattori, silviacattori.net, 6 décembre 2007.
- « Le Comité de l’ONU exhorte Israel à retirer sa loi sur la citoyenneté, à démanteler le Mur, à lier le Fonds National Juif aux principes antidiscriminatoires et à reconnaître les villages non reconnus. », Centre juridique Adalah – Newsletter d’Adalah - Volume 34, Mars 2007.
- « A propos d’Israël, saviez-vous que... », par Haitham Sabbah, 30 octobre 2007.

[7] Voir note (*), dans l’encadré. 


Silvia Cattori est journaliste indépendante en Suisse.


Silvia Cattori est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Silvia Cattori publiés par Mondialisation.ca

lundi, 02 juin 2008

Il fera beau sur la majeure partie du pays: manipulation mentale et reprogrammation

map.pngCa commence dans le programme scolaire, et se prolonge dans les programmes télé.

Au collège, sévit toujours

  • l'écrémage par notation,
  • le cloisonnement des savoirs,
  • l'apprentissage de l'obéïssance et de la duplicité,
  • dans un processus industriel optimisé.

A l'opposé, le véritable acte d'apprendre est enjeu d'autonomie et d'action. C'est un mouvement vers, et non l'absorbtion passive et commandée d'un programme qui entretient

  • le déficit d'esprit critique,
  • la résignation,
  • et pour finir la connivence et le cinisme.


C'est qu'il s'agit de prévenir toute autonomie de réflexion structurellement. L'ordre établi a toujours besoin de serviteurs zèlés et convaincus qui ne le remettent pas en question. Exit 68. Il faut le prendre au mot.

Ce zèle est encouragé à plusieurs niveaux dans la société.

En entreprise, il est confié à des éléments élus, aptes à jouer le rôle.
Bourreaux, redresseurs de tort, sont propulsés au rang de cadres, avec les prérogatives et privilèges s'y rattachant (salaires doubles, contrats d'assurances spécifiques...).

On érige en idéal le fameux "bon stress". Organisé surtout là où il n'est pas nécessaire. La tension créée a le seul véritable intérêt de vous éviter de penser, en vous maintenant courbé sur la tâche, "le nez dans le guidon". Certains auto-suggèrent cet état de stress, car il agit comme une drogue sur leur cerveau. Parfois aussi, l'humiliation les rassure, car elle entre en résonnance avec des comportements aquis (école, armée...): tout va bien puisque tout est dans l'ordre des choses connues.

Comme dans toute relation sado-masochiste, il faut une participation active des dominés. Voyons cela au travers d'un des outils pervers de prédilection du nouveau management: l'auto-évaluation.

Image-miroir de l'auto-critique léniniste, mais dans le dogme libéral, l'auto-évaluation permet de faire intérioriser un réflexe d'auto-fustigation où l'employé s'auto-dévalue. Cela consiste à l'accompagner dans le passage en revue d'un cahier des charges d'une lourdeur étudiée pour créer le degré d'échec. Il est très important de laisser à l'auto-évalué le privilège de "découvrir" les conclusions qu'on a prévues pour lui, et notament le fait qu'il n'est pas du tout en position de prétendre à une prime, de demander quoique ce soit, mais bien d'en remettre un coup, et sérieusement, s'il veut faire bonne impression, sans compensation cela va de soi (ce serait même plutôt une fleur qu'on lui fait).
Globalement l'auto-évalué entretient sa soumission, surtout pas son évolution professionnelle, ou l'amélioration de ses capacités personnelles.

La technique est presque invisible car elle s'incorpore dans des processus de travail. Elle aboutit cependant bien à l'abnégation, la captation du temps de cerveau, et en aucun cas à une progression intellectuelle ou un mieux vivre au travail.

Parmi les autres outils du nouveau management, citons aussi:

  • la mise en concurrence au lieu du partage des efforts,
  • le morcellement des statuts pour isoler les individus et prévenir toute solidarité.
(voir aussi).

Hors de l'entreprise, c'est le viol de la société toute entière qui s'organise.

Habitués à une sorte de remise à zéro perpétuelle (programmes scolaires, télé), petits et grands sont priés d'oublier les anciennes croyances: désormais il y aura les bons, les moins bons, et les mauvais citoyens. "Moi je veux parler à la France qui travaille, celle qui a un métier, qui a un appartement, qui a une famille, qui a une voiture, et qui n'arrive pas à joindre les deux bouts"... et les autres ???

CETTE CATEGORISATION N'A QU'UN SEUL OBJECTIF: INHIBER LE SENTIMENT UNITAIRE ET CITOYEN. Ainsi, restreint-on isolément les droits de ceux qui n'ont pas de papiers, de ceux qui n'ont pas de travail, de ceux qui ne peuvent se loger, des SMICards, des stagiaires, des étudiants, des chercheurs, etc.
Il faut refuser ce découpage de la Nation en catégories parallèles de citoyens qui ne se touchent pas. Il n'y a pas de bons et de mauvais français. Morceler ainsi le pays, monter des français les uns contre les autres, et surtout POINTER DE CETTE MANIERE DES ENNEMIS INTERIEURS EST LA PATTE RECONNAISSABLE ENTRE TOUTES DU FASCISME.
CE N'EST PAS SEULEMENT UNE ESCROQUERIE, C'EST UNE DEMARCHE VISANT A DETRUIRE L'UNITE NATIONALE.

L'axe mensonger du mérite se prolonge en dessous de zéro, avec la nécessaire criminalisation des couches basses de la société.
Les petits citoyens ont beaucoup plus de facilité à être condamnés pour une broutille, un éxcès de vitesse, voire pour rien (les violences sur agents inventées), ou pire: par solidarité avec des catégories qui font l'objet d'une attaque (sans-papiers, squatters). Les peines peuvent facilement comporter de la prison. En passant: il n'y a pas plus qu'avant de réflexion concernant le système carcéral reconnu par tous les psychologues comme eminemment destructeur.
L'accès à la défense de ses droits devient encore plus difficile pour les petits salaires. L'aide financière juridictionnelle n'est pas accordée aux petits revenus, et de toute façon insuffisante, ce qui handicape encore davantage les personnes isolées.

Le niveau de solidarité des français est constamment "testé" par les incursions brutales d'une nouvelle soldatesque soumise à des quotas. Les pistolets électrique "taser" sont utilisées à tour de bras. Rappelons qu'ils provoquent régulièrement des morts, causent de violents traumatismes au cerveau, des dégâts internes ainsi que ceux dûs à la chute. Ces outils "non-mortels' sont l'instrument par excellence du mauvais traitement "qui ne laisse pas de trace", une sorte de nouvelle génène portative.

Et pour finir, un petit contrôle chimique préventif pour tout le monde avec le débusquage préconisé, dès la maternelle, du fameux comportement "hyperactif" qu'il faudrait corriger à coups de traitements médicamenteux pour le plus grand bien de l'industrie pharmaceutique...

En toile de fond, le grand manège de la presse.
Employés comme les autres, les journalistes sont réduits à une actualité d'ambiance et de complaisance vis-à-vis de leur actionnariat et du pouvoir. Il s'agit de promouvoir sa carrière, comme l'a très bien montré Laurent Mauduit dans "Petits conseils". Preuve est faite qu'il ne faut pas attendre d'eux qu'ils nous informent.

Ce régime est plus orwellien que démocratique.

Tout en atteste:
1° soumission apprise à l'école
2° temps de cerveau libre réduit
3° défiance, isolement, peur, alimentés par un discours catégorisant, et par
4° une presse complice


Remettons en marche l'esprit Républicain, ne nous satisfaisons d'aucune célébration de cette charité, qui ne saurait remplacer le principe de la Solidarité Nationale, si odieusement mis à mal par le présent gouvernement.

Primo, il faut nous doter d'appareils d'information qui ne dépendent NI DES ETATS, NI DU MARCHE. Il faut un modèle de financement qui en soit déconnecté à 100%.

Secundo, dès que le travail d'information aura été fait sur les lois anticonstitutionnelles qui sont votées actuellement, loin du regard des français, il faudra abroger ces lois.

Tertio, il faut éviter que le gouvernement n'obtienne de circonvenir la Constitution, de la changer de quelque moyen que ce soit, ou de transférer la légitimité du peuple vers l'Europe, qui n'a rien, elle non plus, de démocratique dans son fonctionnement.

Quatro, chacun doit tenir ses fiches à jour sur les fonctionnaires zèlés qui se croient intouchables et nous rappellent de très mauvais souvenirs. C'est aussi cela le devoir de mémoire.