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vendredi, 24 février 2006
J'accuse la France d'entrer dans le siècle des ombres
Qu'est-ce qu'un écrivain ?
Quelqu'un qui témoigne de son temps.
Aujourd'hui je veux porter témoignage, aujourd'hui je suis écrivain. Par devoir de mémoire, j'en appelle à la désobéissance civique.
Car J'ACCUSE.
J'accuse une administration aveugle d'oublier les droits fondamentaux de l'être humain. J'accuse un système absurde d'aller à l'encontre même des valeurs d'intégration qu'il prône. J'accuse des fonctionnaires d'état de ne voir plus que des quotas, là où vivent et souffrent des familles. J'accuse une société de ne plus avoir d'éthique. J'accuse enfin des individus, je m'accuse moi-même, d'indifférence dangereuse. Si nous acceptons ce qui se passe aujourd'hui, qu'en sera-t-il demain ? En mémoire d'hier, pouvons-nous encore être complices par passivité ? Le temps des assassins commence par l'exclusion – qu'elle soit de couleur, de préférence sexuelle, de sexe, de religion, d'opinion ; l'exclusion commence quand nous détournons le regard.
Face à l'expulsion d'enfants, de familles intégrées, j'en appelle à la désobéissance civique, j'en appelle à l'auto-expulsion. [...] Car à l'heure où de telles choses peuvent se produire, j'accuse la France d'entrer dans le siècle des ombres.
Je ne veux pas de cela, ni pour moi, ni pour les miens, ni pour aucun enfant du monde. [...]
14:45 Publié dans Politique & Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L'immigration choisie pour les nuls
- ou "La France de Nicolas" -
- ou encore "Le Hors-Quotas Par l'Exemple"-
14:07 Publié dans Politique & Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Je m'appelle Aubin
"Je m’appelle Aubin.
Dans la nuit du 10/11/05, j’ai été arrêté avec des jeunes suite à un départ de 2 feux de poubelles pas loin de mon quartier. Durant notre garde à vue, les jeunes m’ont tout mis sur le dos.
J’ai alors demandé une confrontation et suite à cette dernière, l’intéressé qui a brûlé les 2 poubelles a reconnu les faits qui, au départ, m’étaient reprochés.
J’ai été mis en détention provisoire car,selon le Procureur, je risquais de fuir le territoire français. Lundi 14/11/05, je fus jugé en comparution immédiate. Le Juge a lui-même dit durant l’audience que je n’étais pas directement impliqué dans cette affaire, mais que j’aurais pu faire de mon mieux afin que tout ceci n’arrive pas.
Je lui ai répondu que j’avais réussi à empêcher les jeunes de brûler 2 voitures, et pour moi je ne pouvais pas mieux faire.
J’ai été alors condamné à 2 mois d’emprisonnement dont 15 jours fermes assortis de 45 jours de sursis. Je n’ai pas du tout cherché à faire appel de cette décision, car je ne voulais pas passer beaucoup de temps en prison.
Après mon incarcération, j’ai repris une vie normale. Je suis allé à la Sous-Préfecture pour récupérer mon récépissé de titre de séjour.
Les autorités m’ont dirigé vers la Préfecture de Chalôns-En-Champagne. Suite à mon entrevue avec les autorités de Chalôns, ils m’ont demandé de revenir retirer le récépissé. Le 12/12/05,je suis donc allé à la Sous-Préfecture de Reims. Et j’ai reçu par fax un avis d’expulsion.J’ai un mois pour quitter la France.
J’ai décidé de mobiliser le plus de monde possible. J’ai le soutien de la Cimade et de Solid’Amis. D’autres associations me soutiennent.
J’ai obtenu quelques signatures et des lettres de soutien des professeurs de ma Faculté.
Je souhaiterais en informer le public. Je voudrais que les gens me soutiennent. Je sais que cela va vous paraître insensé de soutenir une personne qui a participé aux émeutes. Mais je ne suis pas impliqué dans cette affaire; de plus dans mon jugement, il est écrit que je suis coupable d’avoir brûlé les 2 poubelles. Ceci me paraît injuste. Et je ne veux pas que mon cas reste caché.
Je suis étudiant en 2ème année de Licence LEA Anglais-Espagnol. Mes études se passent bien. J’ai deux soeurs qui sont régulièrement installées en France, dont l’aînée est en passe d’être naturalisée.
J’estime avoir payé ma dette envers la Justice.
Et c’est pour ceci que je compte sur vous. "
Aubin, né en en 1985, est de nationalité béninoise. Il est étudiant à la Faculté de Reims. Le 11 novembre, il est arrêté avec un petit groupe de jeunes à proximité d’un feu de poubelles. Le 14 novembre, il est condamné en comparution immédiate à deux mois de prison dont 15 jours fermes pour avoir «détérioré en réunion, volontairement, deux poubelles». Ces 15 jours fermes ont été effectués dans la foulée.
Cette histoire somme toute banale en cette période de «crise des banlieues» aurait pu s’arrêter là. Mais Aubin est étranger et Sarkozy a clamé haut et fort qu’il expulserait tout étranger condamné. Le 12 décembre, la Préfecture de la Marne refuse le renouvellement de son titre de séjour (il en avait fait la demande avant les faits) et lui donne un mois pour quitter le territoire français. Un arrêté de reconduite à la frontière a été pris par le Préfet le 19 janvier. L’avocat d’Aubin a déposé un recours devant le Tribunal administratif de Châlons en Champagne lundi 6 janvier. Celui-ci sera examiné mercredi 15 janvier.
Aujourd’hui l’heure n’est plus aux palabres mais à l’action, c’est dès maintenant qu’il nous faut réagir collectivement ou individuellement pour obtenir la régularisation d’aubin.
11:30 Publié dans Politique & Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 22 février 2006
Quand un patron de droite vante le CDI
C'est le rapport de droite qui plombe la droite. En confiant à l'automne à Henri Proglio, président du groupe Veolia Environnement, un rapport sur l'insertion professionnelle des jeunes, le gouvernement ne s'attendait sans doute pas à se voir proposer un «anti-CPE». Baptisé ainsi par la gauche, ce rapport, rendu public en catimini la semaine passée, préconise une chose simple : il appelle les entreprises à faire du CDI la «forme normale d'embauche» des jeunes. Proglio (un proche de Jacques Chirac) et son groupe de travail notent que, pour améliorer l'emploi des jeunes diplômés, «les solutions ne sont ni du côté de la fuite en avant vers la professionnalisation des études, ni dans la multiplication des mesures incitatives pour favoriser l'embauche des jeunes». En effet, «près de trente ans de mesures jeunes ont fini par ancrer dans les esprits la conviction que l'on ne peut débuter sa vie professionnelle sans bénéficier d'une mesure incitative».(lire la suite)
01:25 Publié dans Politique & Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 21 février 2006
A messieurs De Villepin et Sarkozy

Les français qui hésitaient encore à s'engager en politique vont pouvoir le faire, grâce à vous, sans état d'âme, en s'inscrivant contre votre entreprise de traffic de main d'oeuvre à bas prix.
Votre système, bien rodé, d'exploitation d'étrangers précaires a été percé à jour.
- Embauche d'un étranger en statut de stagiaire (puisque les stagiaires français ne veulent plus se faire exploiter). L'employé, payé comme stagiaire fournit bien entendu le travail d'une personne pleinement qualifiée. Utilisation intensive.
- Ejection. Celui-ci entre alors dans le circuit de l'aide d'urgence : CAF, financé par la Région, aidé par diverses associations, généralement entrée dans un zone floue d'irrégularité, avec travail au noir dans des conditions iniques, pour le plus grand bien du patronat français.
- Nouvelle embauche d'un stagiaire étranger, et ainsi de suite.
La « politique d’immigration choisie » n'est qu'aveu et renforcement.
- empêcher les conjoints de Français, les parents d’enfants français ou encore les membres de famille prétendant au regroupement familial de faire valoir leur droit, déjà étroitement encadré, à mener une vie familiale normale ;
- règlementer une immigration de travail, jetable et corvéable, en fonction des seuls besoins de main d’œuvre :
celle-ci pose bien moins de problèmes pour venir travailler le samedi, le dimanche, plus tôt, ou plus tard, et sans aucune objection ! Les recours en prud'hommes étant déjà suffisament longs et complexes pour des français, on imagine mal un étranger défendant ses droits dans ces conditions. - hiérarchiser les différentes catégories d’immigrés.
- condamne toute possibilité de revalorisation de salaires, en particulier dans les métiers les plus pénibles.
SALARIES, STAGIAIRES, ETUDIANTS, DEMANDEURS D'EMPLOI,
TOUS
MANIFESTONS LE 7 MARS DANS LA DIGNITE.
+ signez la pétition contre l'immigration jetable
00:30 Publié dans Politique & Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 13 février 2006
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés
La solidarité en panne ?
C'est peut être le constat que dresse ce documentaire de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil, projeté jusqu'au mardi 14 fév. au Mk2 Beaubourg à Paris.
Trois entretiens en médecine du travail, quand la peur de perdre son emploi a été bien apprise. Ces entretiens et l'analyse qui suit démystifient les mécanismes hiérarchiques, de pseudo-évaluation et autres 360° dont les fonctions réelles sont d'isoler et de destructurer les individus. Absolument lumineux. On ne peut que regretter la diffusion quasi confidentielle d'un tel document.
Distributeur: Bodega Films
bodegafilms@yahoo.fr
8 boulevard Montmatre, Paris 75009 - FRANCE
Téléphone : 33 1 42 24 06 49 - Fax : 33 1 42 24 16 78
02:05 Publié dans Politique & Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 11 février 2006
Tintin sur les docks
Dans une autre style, mais toujours avec de vrais morceaux de la vraie vie, et débordant de sincérité,
Le Combat Ordinaire - 2. Les Quantités Négligeables de Manu Larcenet a déjà été abondament salué lors de sa parution, mais j'y remets un p'tit coup, juste comme ça.
00:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 04 février 2006
Tokyo est mon jardin
Pied-de-nez fantastique à la fatalité mercantile,
en marge d'une pratique de la BD plannifiée et professionalisée à outrance,
loin de cette porte étroite où d'autres n'investissent que fantasmes plastiques,
Boilet consomme avec bonheur et humilité le mariage de l'Art et de l'Existence.
Simple, profond, comme j'aime.
Entre trames de gris et trait vivant du pinceau, un vrai langage graphique habille une narration influencée par la vidéo, et un recours assumé à la mémoire infaillible de la photographie.
Disons et redisons toute la dimension de la BD : c'est du cinéma avec un peu de papier, un crayon, et beaucoup de savoir-faire. Un studio de production populaire et portatif, pour raconter des histoires. Finalement, je n'en démords pas : c'est la qualité de cette "histoire à vivre" qui nous fait "entrer dedans" ou pas.
Avec un scénario expert et plein d'humour Boilet nous offre cette qualité d'expérience.
C'est ça la magie du cinéma.
10:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
